Jeanne Villepreux-Power (1794-1871) de couturière à scientifique de grand renom

Une Corrézienne visionnaire, passée de couturière à scientifique de renom, dont les inventions ont marqué l’histoire des sciences naturelles.

Jeanne Villepreux-Power (1794-1871), née à Juillac en Corrèze, est une naturaliste autodidacte et pionnière de la biologie marine. Couturière de formation, elle épouse un marchand anglais et s’installe en Sicile, où elle se consacre à l’étude des animaux marins.

Jeanne Villepreux, surnommée Lili, est l’aînée des quatre enfants de Pierre Villepreux, cordonnier et garde-champêtre, et de Jeanne Nicot. Elle commence à travailler très jeune comme servante à Julliac, sa ville natale. Sa mère meurt alors qu’elle a douze ans. À l’âge de dix-huit ans, elle part à pied pour Paris, parcourant plus de 400 kilomètres.

À Paris, elle est employée par la couturière réputée Clémence Gagelin. Elle se fait remarquer en réalisant une robe de mariage pour l’union de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles avec Charles Ferdinand d’Artois (1778-1820), duc de Berry. À cette occasion, elle rencontre James Power, négociant d’origine irlandaise et directeur des télégraphes sous-marins du royaume des Deux-Siciles.
Elle le rejoint à Messine en 1818 et l’épouse. Installée en Sicile, Jeanne Villepreux-Power se consacre à l’étude, avec le soutien de son mari, et s’intéresse à l’histoire naturelle de l’île. En 1832, elle invente le premier aquarium en verre et d’autres dispositifs permettant l’observation des organismes aquatiques, ce qui révolutionne la recherche. Elle démontre notamment que le céphalopode Argonauta argo fabrique lui-même sa coquille.

Une « cage à la Power » en bois, dessinée de la main de Jeanne Villepreux-Power

Première femme membre de l’Académie de Catane, correspondante de sociétés savantes européennes, elle publie plusieurs ouvrages scientifiques. Malgré la perte d’une partie de ses collections dans un naufrage, elle est reconnue comme la « mère de l’aquariophilie » et une précurseure de l’aquaculture.

Son nom a été donné à un cratère de Vénus ainsi qu’à une allée du Bois de Vincennes, à Paris.

Aujourd’hui, une nouvelle distinction vient consacrer la mémoire de cette Corrézienne d’exception : Jeanne Villepreux-Power figure parmi les 72 femmes scientifiques dont le nom sera gravé sur la Tour Eiffel, aux côtés des 72 hommes célébrés dès l’origine du monument. Elle rejoint ainsi de grandes figures de la science telles que la physicienne Marie Curie et la mathématicienne Sophie Germain, également retenues pour cette reconnaissance nationale.

Cette décision rend enfin hommage à une scientifique autodidacte visionnaire, considérée comme l’une des pionnières de l’océanographie et de l’aquariophilie. Inventrice du premier aquarium conçu à des fins d’observation scientifique, Jeanne Villepreux-Power a apporté une contribution majeure à la connaissance du monde marin, ouvrant la voie à des recherches qui ont profondément renouvelé l’étude des océans. Une reconnaissance méritée pour cette femme de science dont l’œuvre, longtemps méconnue, retrouve aujourd’hui toute sa place dans l’histoire scientifique française.

Vidéo d’Arte

Cherchez la femme !

Jeanne Villepreux-Power – L’évolution de la science au XVIIIe siècle
Série documentaire de Julie Gavras (France, 2021) – Disponible jusqu’au 04/12/2027

Site de l’Association Jeanne Villepreux-Power Femme de science et artiste

La véritable histoire de Jeanne Villepreux-Power racontée par Stéphane Bern – Historiquement Vôtre sur Europe 1 : ici
Evelyne Peyre : « Jeanne de Villepreux : des profondeurs à la lumière » présentation (vidéo) dans le cadre du Festival international des écrits de femmes « Savantes et Pionnières », FIEF 2017, 14-15 octobre : ici
Claude Duneton, né le 21 avril 1935 à Lagleygeolle (Corrèze) et mort le 21 mars 2012 à Lille, écrivain, romancier et traducteur, a écrit en 2009 chez Denoël un livre : « La dame de l’Argonaute » sur le fabuleux destin d’une obscure brodeuse devenue la première femme océanologue au monde : Jeanne Villepreux-Power.

Dans le cadre de l’initiative de la Corrèze en partage : Les Sucs de la Corrèze

À 908 m d’altitude, le Suc au May est l’un des plus beaux sommets de Corrèze. Son panorama embrasse le cirque de Freysselines, le plateau de Millevaches et, au loin, les monts du Cantal, du Sancy et du Dore. Symbole de hauteur et de mémoire, il fait écho à l’initiative Les Sucs de la Corrèze, qui rend hommage à des Corréziennes et Corréziens remarquables, parfois oubliés, et qui méritent de retrouver la lumière.