Henri Martinie, né à Allassac en Corrèze en 1885, s’est imposé comme une figure marquante de la photographie littéraire du XXᵉ siècle. Dans son studio parisien de la rue de Penthièvre, il a réalisé, entre 1920 et 1940, une série exceptionnelle de portraits d’écrivains français et étrangers de passage à Paris. Parmi eux, Philippe Soupault, Georges Bernanos, Jean Cocteau, James Joyce, Francis Scott Fitzgerald ou encore Paul Éluard.

Le Studio Martinie a également entretenu une collaboration régulière avec l’Assemblée nationale, où il disposait d’un emplacement réservé. Il y réalisa de très nombreux portraits de députés.
Henri Martinie s’est éteint à Paris en 1940. Son œuvre, composée de près de 15 000 négatifs, a été acquise par l’Agence Roger-Viollet en 1968.
Henri Martinie en quelques repères
- Naissance : 5 juillet 1885 à Allassac (Corrèze)
- Mariage : 5 juin 1908 à Paris (19ᵉ arrondissement)
- Décès : 7 avril 1940 à Paris (18ᵉ arrondissement) – inhumé au cimetière parisien de Pantin
- Épouse : Anne Irma Mathilde Gangler (décédée le 1ᵉʳ janvier 1973 au Kremlin-Bicêtre)
- Fils : Élysée Martinie, né le 20 septembre 1908 à Paris, également photographe, décédé le 9 février 1965 à Birmandreïs (Alger) et inhumé au cimetière de Salonique à Toulouse.
avec l’aide précieuse de Véronique Delaneuville, membre de La Corrèze en partage, passionnée de généalogie.
Si l’on connaît bien l’œuvre d’Henri Martinie, sa vie personnelle et son parcours professionnel restent encore largement méconnus. Aujourd’hui, des membres de La Corrèze en partage, accompagnés de généalogistes et de spécialistes du patrimoine, se mobilisent pour éclairer la trajectoire de ce photographe d’exception.
Né à Allassac, en Corrèze, le 5 juillet 1885, Henri Martinie était le fils de François Martinie, ardoisier de profession, et de son épouse Françoise Bounie. La famille a résidé à Allassac et au village de Travassac sur la commune de Donzenac.
Les Pans de Travassac
Unique en Europe, le site des Pans de Travassac offre une immersion remarquable dans la tradition ardoisière. Depuis le XVIIᵉ siècle, les ardoisiers y façonnent la pierre dans un cadre naturel spectaculaire où se mêlent minéral et végétal. Vous pourrez y observer les gestes ancestraux du rebillage, du clivage et de la taille, qui transfornent la pierre en ardoise. Un musée en galerie retrace également l’histoire et la vie des ardoisiers à travers documents, outils et film.
Présentation de la causerie consacrée à Henri Martinie à Uzerche par Delphine Desveaux
Une causerie consacrée à Henri Martinie a été proposée par Delphine Desveaux, docteure en Histoire de l’Art, directrice des Collections Roger-Viollet et conservatrice à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, le 19 juillet 2024 à l’occasion des 1ères Rencontres Internationales de La Corrèze en Partage à Uzerche (Corrèze) :
Henri Martinie, l’art du plein cadre
Entré dans les Collections Roger-Viollet en 1968, le fonds Martinie (Henri Martinie, né en 1885 à Allassac en Corrèze) en est un fleuron discret. Un fleuron car la qualité photographique des portraits qui le compose est exceptionnelle. Fleuron aussi de par la qualité des modèles, pour une très grande part passés à la postérité, à tel point que le spectateur peut à juste titre s’interroger sur l’attirance exercée par le studio Martinie sur l’intelligentsia parisienne des années 1920. Non datés, on ne peut qu’imaginer qui fut le premier modèle et comment ses successeurs vinrent se faire « capturer » par l’objectif intrusif d’Henri Martinie. Fonds discret car peu volumineux, moins de 20.000 négatifs, nombre qui peut faire penser que des pertes ou des destructions ont eu lieu. Discret aussi en ce sens que malgré la notoriété des modèles, le cadre (trop) serré et les regards pressants font de cet ensemble unique un objet photographique insolite, « la plus remarquable collection de personnalités » comme le vantait le papier à lettre du photographe, un album de visages à la fois bluffant et dérangeant, en un mot fascinant.
Dans le cadre de l’initiative de la Corrèze en partage : Les Sucs de la Corrèze
À 908 m d’altitude, le Suc au May est l’un des plus beaux sommets de Corrèze. Son panorama embrasse le cirque de Freysselines, le plateau de Millevaches et, au loin, les monts du Cantal, du Sancy et du Dore. Symbole de hauteur et de mémoire, il fait écho à l’initiative Les Sucs de la Corrèze, qui rend hommage à des Corréziennes et Corréziens remarquables, parfois oubliés, et qui méritent de retrouver la lumière.
